La Kenntnisprüfung est l'épreuve que l'Allemagne impose aux médecins titulaires d'un diplôme obtenu hors de l'Union européenne lorsque leur formation n'est pas jugée équivalente. Orale et pratique, elle vise le niveau attendu en fin d'études allemandes. En France, cette fonction est remplie par les épreuves de vérification des connaissances.
De l'allemand « Kenntnis » (connaissance) et « Prüfung » (examen) ; l'expression appartient au droit allemand régissant la profession médicale.
examen de connaissances, Defizitprüfung
knowledge examination
La Kenntnisprüfung n'est pas un examen de spécialité : elle cherche à établir que le candidat maîtrise le socle clinique attendu d'un médecin au moment où il termine ses études en Allemagne. Elle se déroule devant une commission, associe la présentation d'un patient et un entretien oral, et porte principalement sur la médecine interne et la chirurgie, auxquelles s'ajoutent une autre discipline ainsi que la médecine d'urgence, la pharmacologie clinique, l'imagerie et les règles juridiques de l'exercice. La langue de l'épreuve est l'allemand, ce qui suppose d'avoir déjà franchi l'étape linguistique.
Elle n'intervient qu'au terme d'un examen d'équivalence défavorable, et elle relève de l'autorité du Land, si bien que l'organisation, le calendrier et les modalités varient d'une région à l'autre. Un diplôme délivré dans un État membre de l'Union en dispense entièrement, puisque la reconnaissance automatique s'applique alors. C'est l'un des arguments concrets en faveur d'une faculté située dans l'Union plutôt qu'ailleurs, quel que soit le pays où vous comptez exercer ensuite.
La France poursuit le même objectif par un autre moyen. Le titulaire d'un diplôme hors Union, dit PADHUE, ne fait pas comparer son programme : il se présente aux épreuves de vérification des connaissances, organisées par spécialité sous l'égide du Centre National de Gestion, avec un nombre de places arrêté par les pouvoirs publics. La différence de logique est importante : l'épreuve allemande est un contrôle de niveau que l'on passe ou non, là où les épreuves françaises comportent une dimension de classement. La réussite ouvre le parcours de consolidation des compétences, puis la procédure d'autorisation d'exercice.
Un médecin formé à Casablanca, à Alger ou à Tunis relève, dans les deux pays, de la voie longue : épreuves nationales en France, examen de connaissances en Allemagne. À l'inverse, un étudiant marocain, algérien ou tunisien diplômé dans une faculté de l'Union échappe à ces deux épreuves pour exercer en Europe, mais devra, s'il rentre au pays, faire prononcer l'équivalence de son diplôme par le ministère chargé de l'enseignement supérieur, puis s'inscrire à l'ordre national des médecins. La Belgique et la Suisse romande imposent également leurs propres vérifications aux diplômes de pays tiers.
Gratuit et sans engagement.